LA PREHISTOIRE : DU PALEOLITHIQUE AU NEOLITHIQUE

LE PALÉOLITHIQUE



Les origines de l'homme


Il y a 70 à 30 millions d'années vivaient sur la terre des quadrupèdes, les Primates. Contrairement aux autres mammifères leur cerveau était plus développé, et ils possédaient un pouce opposable aux autres doigts.
Les préhistoriens pensent aujourd’hui que les ancêtres de l'homme ont commencé à évoluer séparément des espèces animales les plus voisines il y a peut-être dix millions d’années. Voici quatre ou cinq millions d’années, ces ancêtres prennent une apparence humaine. Ils se répartissent alors, progressivement, en plusieurs catégories.


Les Australanthropes


Les Australanthropes ou Australopithèques sont les plus lointains ancêtres de l'homme. Ils ne constituent pas une espèce homogène. Certains individus paraissent encore très primitifs et les savants hésitent à y voir de véritables êtres humains. Par contre, d’autres membres de la famille, qu’on désigne du nom d’homo habilis, ont une allure et un comportement déjà humains. Les premiers Australopithèques vivaient il y a 5 millions d’années. Leurs ossements ont été découverts à l’Est et au Sud de l'Afrique, continent considéré actuellement comme le berceau de l’humanité. Leur outillage était fait de simples éclats de pierre ou de galets retouchés.

 

 

 

 

   

Exemples
En 1974, des archéologues découvrent en Ethiopie, un squelette fossilisé, datant de 3,2 millions d’années. Grâce à sa disposition et au nombre d’os retrouvés, on a pu affirmer qu’il s’agissait d’une femme. Elle était de très petite taille (1,10 m ou 1,35 m). On l’appelle LUCY. Pendant de longues années, les paléontologues ont pensé que c’était notre ancêtre le plus ancien. Mais en 1994, des archéologues découvrent toujours en Ethiopie, un ancêtre plus lointain : RAMIDUS. Il daterait de - 4,4 millions d'années.
En juillet 2001, une découverte extraordinaire est faite au Tchad dans le désert du Djourab. On y découvre TOUMAÏ, un australopithèque ayant vécu il y 7 millions d'années. Celui-ci serait le plus ancien connu à nos jours. TOUMAÏ mesurait environ 1 mètre et pesait près de 35 kilos et serait un mâle. Il vivait dans les forêts qui jouxtaient le voisinage d'un lac ou d'une rivière. La découverte de TOUMAÏ à 2500 km à l'ouest du rift est-africain a changé les anciennes théories des paléontologues croyant que l'humanité s'était développée à partir de l'est du rift (théorie formulée en 1982 par Yves Coppens). TOUMAÏ signifie "ESPOIR DE VIE" en langue gorane. Ce nom a été choisi par le Président du Tchad. Ce nom désigne les enfants nés juste avant la saison sèche et leur chance de survie est alors plus limitée.


 


Les Archanthropes


Les Archanthropes apparaissent il y a environ 1,5 millions d’années. On leur donne aussi le nom d'homo erectus. C’est eux qui découvrent le feu et fabriquent les plus anciens bifaces : blocs de pierre taillés sur les deux faces. Les homo erectus peuplent l’Afrique, mais aussi l’Asie et l’Europe.

 



Les Paléanthropes


Les Paléanthropes commencent à occuper nos régions il y a 500 000 ans. Ils sont fort semblables à nous, tant du point de vue physique qu’intellectuel. Seule, la configuration de leur crâne montre une différence notable : l’arcade sourcilière est plus marquée, le front est fuyant et le menton effacé.
Les spécialistes appellent les Paléanthropes : hommes de Neandertal (localité proche de Düsseldorf, en Allemagne) ou encore, dans notre pays, hommes de Spy (localité proche de Namur).
Les Paléanthropes sont les premiers de nos ancêtres à prendre soin, au moins de manière évidente, de leurs défunts. Ils possèdent un outillage perfectionné, de formes diverses, de dimensions variées, qui s'adaptent à quantité d'usages.
Les Paléanthropes appartenaient à la même espèce que la nôtre, mais ils ont disparu voici quelques dizaines de milliers d’années pour des raisons qui demeurent inexpliquées.



Les Néanthropes


Les Néanthropes ou hommes de Cro-Magnon marquent le point d'aboutissement actuel de l'évolution humaine. Ils font leur apparition il y environ 90 000 ans. On les trouve partout dans le monde, y compris sur le continent américain. Ils se distinguent par un outillage en progrès constant.

 

 

 

 

La configuration du crâne et le volume du cerveau des ancêtres de l’homme évoluent au même rythme que leur aspect physique. Le cerveau des Australanthropes est d’environ 600 cm3 ; celui des Archanthropes de 1000 cm3 ; celui des Paléanthropes de 1500 cm3 et enfin celui des Néanthropes de 1400 cm3.

 

CRANE

 

On a nommé cette première et longue période de l’histoire de l’humanité, « paléolithique » signifiant « ancienne pierre », en raison de l’utilisation d’outils en pierre taillée. Cette période se termine 10 000 ans avant notre ère.
Au fur et à mesure de l’évolution de la terre, l’homme doit s'adapter : il grandit, se redresse sur ses deux membres postérieurs tandis que le volume de son crâne augmente favorisant ainsi le développement de son intelligence et de sa sensibilité.

 

 

 


Les fouilles archéologiques


Nous n’avons conservé des hommes de la préhistoire que des traces non écrites: ossements, outils, restes d’habitations, déchets de nourriture, objets gravés ou peints, tessons de poterie, etc.
Pour connaître la vie de nos ancêtres durant cette très lointaine époque, il faut mener des fouilles archéologiques.
Les fouilles archéologiques respectent des règles exigeantes. Les fouilleurs travaillent avec une extrême prudence afin de ne pas détruire les traces laissées dans le sol par les hommes de la préhistoire. Ils enlèvent la terre avec précaution. Ils observent attentivement les vestiges. Ils notent en détail tout ce qu’ils constatent. Ils prennent des photographies, établissent des plans, font des dessins.
Quand les fouilleurs ont terminé cette partie de leur travail, ils retirent les vestiges du sol, en vue de les déposer dans les musées. Ils consolident ceux qui sont devenus trop fragiles avec l’âge. Enfin, ils passent au tamis la terre qu’ils ont retournée pour y rechercher des restes de plantes ou d’animaux du passé et ainsi mieux connaître la nature dans laquelle vivaient nos ancêtres.
Les archéologues ne se limitent pas à décrire les sols et les vestiges qu’ils observent. Ils s’efforcent également d’interpréter leurs trouvailles et de se faire ainsi une idée de la manière dont vivaient nos lointains ancêtres.

 


Les outils


Les blocs de silex sont travaillés à l’aide de percuteurs en pierre, en os ou en bois :
• Aux époques les plus anciennes, le silex est taillé en outils assez volumineux et de formes peu variées. Les déchets sont importants.
• Aux époques plus récentes, le silex est débité en gros morceaux, eux-mêmes retouchés pour obtenir des outils de tailles et de formes très diverses. Certains sont très petits. Les déchets sont ainsi réduits au minimum.

Exemples
L’homme plaçait un bloc de pierre sur ses genoux. A l’aide d’un morceau de corne, il frappait la pierre adroitement et débitait des outils très divers : couteaux, ciseaux, burins, grattoirs, perçoirs, haches. Ces instruments taillaient, coupaient, perçaient, grattaient.
Avec eux, les hommes pouvaient abattre des arbres construire des huttes, façonner des vêtements.
Pour tailler dans le bois et l’os, les hommes étaient équipés d'une lame de pierre. Ils fabriquaient des manches, des poinçons et des aiguilles.


L'homme a-t-il habité dans les cavernes ?


Les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire vivaient sous la tente et non pas dans des cavernes, comme on le croit encore trop volontiers. Lorsqu’ils fréquentaient une région pourvue de cavernes, ils dressaient leurs tentes à l’entrée de celles-ci, mais ils ne s’installaient guère à l’intérieur, car les cavernes étaient étroites et sombres et leur servaient de temples.
Les tentes étaient faites de peaux de bête montées sur des perches en bois. Les tentes se démontaient et se transportaient facilement. Les hommes et les femmes de cette époque ne séjournaient pas tout le temps à la même place. Pour trouver leur nourriture, ils se déplaçaient assez volontiers. Ils étaient nomades puisque pour survivre, il fallait des lieux de cueillette, de chasse et de pêche. Ils circulaient à travers un territoire de chasse et de cueillette et ils revenaient camper d’année en année aux mêmes endroits.

 

 


La reconstitution de la tente.



Au fond de chacune des tentes, l’espace libre servait de couchettes. A l’entrée, près du foyer, se situait le lieu de travail et de préparation des repas. La tente avait un contour circulaire et les choses venaient s’y déposer de manière traditionnelle : le foyer en face de l’entrée, le couchage au fond et entre les deux régnait un espace dans lequel pouvaient se dérouler le repas et le travail de fabrication. Par l’ouverture, les détritus étaient jetés à l’extérieur et formaient un large éventail de déchets.


La découverte du feu


Entre - 800 000 et - 500 000 ans, les hommes découvrent le feu. La vie se transforme : il est possible de s’éclairer, de lutter contre le froid et les bêtes sauvages, de cuire les aliments. Il est aussi possible de consacrer plus de temps à la vie commune, à la conversation. L’homme peut renforcer ses liens familiaux et tribaux.
La méthode par laquelle ils allumaient le feu est appelée FRICTION. Il fallait faire tourner rapidement un bâton de bois dans un creux préparé dans un autre morceau de bois. Le frottement produisait de la chaleur. Dès que celle-ci était vive, l’homme approchait un peu d’herbe sèche, soufflait légèrement, et la flamme jaillit.

 

 


Les animaux de la préhistoire


Les hommes de la préhistoire ont gravé dans la pierre ou l'os et peint sur les parois de certaines grottes les animaux qui leur étaient familiers.
Exemples : le loup, le mammouth, l’aurochs (bœuf sauvage), l’ours, le saumon, le cheval, le renne.


REMARQUE
Il y a très longtemps, des millions et des millions d'années avant notre époque, il y avait sur la terre d’énormes animaux, des animaux d’une taille gigantesque. Ils faisaient partie de la famille des dinosaures.
A ce moment-là, contrairement à ce qu’on voit dans certains films et dans certaines bandes dessinées, les hommes n'existaient pas encore. Pour une raison inconnue, un jour, ces animaux disparurent de la surface de la terre.
Nos ancêtres de la préhistoire gravaient dans la pierre ou dans l’or et peignaient sur les parois de certaines grottes les animaux qui leur étaient familiers. Ils faisaient cela de manière réfléchie et avec le souci de la beauté.
Les couleurs utilisées (l’ocre, le brun, le rouge, le noir) provenaient de roches ou de terres naturellement colorées. Pour peindre, ils se servaient directement de leurs doigts ou de pinceaux en poils d’animaux.
Il y a dans le sud-ouest de la France plusieurs grottes dont les parois ont été gravées ou peintes par les hommes de la préhistoire.
L'une de ces grottes est particulièrement célèbre : celle de LASCAUX (en Dordogne). Elle fut découverte par quelques jeunes gens qui se promenaient dans les bois un jour de septembre 1940. Une cavité s’ouvrait dans le sol devant eux, ils décidèrent de l’explorer. Personne n’y était plus entré depuis près de 15 000 ans.
La grotte de Lascaux fut ouverte au public en juillet 1948. Très vite, des centaines, puis de milliers de personnes se pressèrent pour la visiter. Chacun voulait voir de ses propres yeux, ces merveilleuses peintures réalisées par nos ancêtres de la préhistoire. Durant l’été 1955, de petites gouttes d’eau commencèrent à se former sur les parois. Elles menaçaient de diluer les couleurs. Aussi, une machine fut mise en place pour ventiler la grotte, purifier et refroidir l’air. Les visiteurs continuèrent à affluer. En 1960, on constata l’apparition de taches vertes ici et là, tandis que les peintures se mettaient à perdre leur éclat. Malgré de sérieuses mesures de protection, on ne parvint pas à arrêter la dégradation des couleurs. En 1963, il fallut fermer la grotte de Lascaux au public.
Aujourd’hui, il n’est plus possible de la visiter. Pour éviter que les peintures de nos ancêtres disparaissent pour toujours, la grotte de Lascaux est définitivement inaccessible. Cependant, une copie de la grotte et de ses peintures a été réalisée par les savants près de Lascaux. Ainsi tout le monde peut se faire une idée de cette grotte sans en menacer la conservation.
Une autre grotte a été découverte en 1994 en Ardèche à Vallon-Pont-d’Arc, c’est la grotte Chauvet ( nom de son découvreur). Elle contient elle aussi de multitudes de fresques d’animaux. Les peintures rupestres seraient antérieures à celle de Lascaux puisqu’elles dateraient de 32 000 ans avant notre date actuelle.

 

 

Peintures rupestres de la grotte de Lascaux

Peinture rupestre de la grotte de Lascaux

Peinture rupestre de la grotte Chauvet


LE NEOLITHIQUE


 

L’agriculture et l’élevage


Les spécialistes pensent que l’agriculture et l’élevage sont apparus au voisinage de la Méditerranée orientale 10 000 ans av. J.-C. Cette nouvelle façon de produire la nourriture s’est répandue petit à petit. Elle est parvenue chez nous après plusieurs milliers d'années, en longeant la vallée du Danube puis celle du Rhin.
Nos ancêtres ne vivent plus sous la tente. Ils habitent des maisons de bois, aux murs de torchis et au toit de chaume. Ces maisons sont vastes. Elles pourraient accueillir plusieurs de nos familles actuelles.Ces maisons sont solides. Elles sont bâties pour durer. Les agriculteurs-éleveurs ne se déplacent plus aussi souvent que les chasseurs-cueilleurs. Ils sont sédentaires. Ils restent longtemps au même endroit, près de leurs champs et de leurs troupeaux.

 

 

 


La maîtrise de la technique


Au temps des agriculteurs-éleveurs, la pierre reste un matériau de base pour la fabrication des outils et des armes. Ces instruments sont de mieux en mieux travaillés. Quelquefois leur taille se termine par un polissage (le néolithique est l’âge de la pierre polie).
Des mines de silex sont exploitées dans notre pays dès cette époque. Celles de Spiennes, près de Mons, sont très connues. Certains de nos ancêtres ne gagnaient plus leur vie seulement en travaillant la terre et en élevant du bétail. Ils creusaient aussi des galeries dans le sol et recherchaient des blocs de pierre propices à la taille et au polissage.

 


Les cérémonies religieuses


Les croyances des agriculteurs-éleveurs de la préhistoire prolongent et approfondissent celles des derniers chasseurs-cueilleurs. La même attention est portée à la naissance et à la mort. Des figurines féminines continuent d’être sculptées tandis que les défunts demeurent l'objet de soins.

Les premiers agriculteurs-éleveurs observent la nature qui les entoure. Par exemple, ils savent que les plantes ont besoin de chaleur et d'humidité pour grandir. Mais ils savent aussi que trop de chaleur ou trop d’humidité sont nuisibles. Ils rendent, pense-t-on, un culte au soleil, à la pluie, aux sources, à l’orage, au vent, aux tempêtes, etc. Les agriculteurs-éleveurs de la préhistoire possèdent des lieux pour « prier ». Ils y construisent des monuments en pierre qu’on pourrait déjà appeler des temples.Il existe à Stonehenge, dans le Sud-est de l’Angleterre, les restes d'un complexe mégalithique qui date de 2000 ans environ av. J.-C. Le site est célèbre. Au solstice d'été, le 21 juin, il sert de lieu de rendez-vous aux nostalgiques des temps celtiques et pré-celtiques.

Le site mégalithique de Stonehenge


La poterie


La poterie est une technique nouvelle introduite dans nos régions par les premiers agriculteurs-éleveurs. Ceux-ci s’en servent pour contenir, cuire et conserver les aliments. Avant d’être passés au four, pour être rendus résistants, les récipients sont décorés. Les potiers gravent à l’aide d’une pointe sèche, d’une corde ou d’un peigne, des motifs très variés.